Le Maroc prendra les commandes de l’Accord régional de coopération pour l’Afrique sur la recherche, le développement et la formation dans le domaine de la science et de la technologie nucléaires (AFRA) pour la période 2026-2027. Le Royaume a été élu par acclamation jeudi à Vienne, lors de la 37e réunion des représentants des États africains parties à cet accord.
La présidence sera assurée par Hamid Marah, directeur général du Centre national de l’énergie, des sciences et des techniques nucléaires (CNESTEN). Il succède au Botswanais David Tshere à la tête de ce mécanisme régional consacré au développement de la recherche, de la formation et des applications pacifiques des sciences et technologies nucléaires en Afrique.
Le scrutin s’est tenu au Centre international de Vienne, en marge de la 70e session de la Conférence générale de l’Agence internationale de l’énergie atomique. La cérémonie s’est déroulée en présence du représentant permanent du Maroc auprès des organisations internationales à Vienne, Azzeddine Farhane, du directeur général de l’AIEA, Rafael Grossi, ainsi que de plusieurs ambassadeurs et représentants des États membres de l’AFRA.
Azzeddine Farhane a salué la confiance accordée au Maroc par les pays africains. Il a présenté cette présidence comme le prolongement de l’engagement du Royaume en faveur de la coopération Sud-Sud, avec un accent particulier sur le partage des compétences, la formation et le développement des capacités scientifiques et technologiques sur le continent.
Santé, agriculture et eau parmi les priorités
La présidence marocaine entend renforcer l’implication des États africains dans les programmes de l’AFRA et encourager une meilleure mutualisation des moyens disponibles. Le partage d’expertise, la coopération Sud-Sud et les partenariats triangulaires doivent également occuper une place centrale durant le mandat 2026-2027.
L’objectif est aussi de donner une traduction concrète aux applications pacifiques du nucléaire dans plusieurs secteurs directement liés au développement. La santé figure en première ligne, notamment à travers les technologies utilisées dans la détection et le traitement du cancer. L’agriculture, la sécurité alimentaire et la gestion durable des ressources en eau font également partie des domaines ciblés.
Le développement des compétences au cœur du mandat
La formation constitue un autre chantier prioritaire. À travers l’AFRA, les États membres disposent d’un cadre leur permettant de développer des programmes communs, de partager leurs expériences et d’améliorer progressivement leurs compétences dans le domaine nucléaire à des fins pacifiques.
Hamid Marah a, à ce titre, remercié les États membres pour leur confiance et réaffirmé la volonté du Maroc de consolider les acquis du programme. Le transfert de connaissances et le renforcement des capacités nationales doivent, selon lui, rester au cœur de l’action menée au cours des deux prochaines années.
L’AIEA promet son accompagnement
Rafael Grossi a pour sa part félicité le Maroc pour son accession à la présidence de l’AFRA. Le directeur général de l’AIEA a réaffirmé l’engagement de l’Agence à accompagner les pays africains dans l’accès à l’assistance technique et dans le développement de la coopération régionale.
Selon l’AIEA, 46 pays africains bénéficient actuellement de ses initiatives, notamment dans le domaine des technologies nucléaires appliquées à la lutte contre le cancer.
Pour le Maroc, cette présidence doit ainsi servir de levier pour intensifier le partage d’expertise entre pays africains et rapprocher davantage les technologies nucléaires des besoins concrets du continent, qu’il s’agisse de santé, d’agriculture, d’eau ou de formation scientifique.


